Homelab pour développeur : pourquoi j’ai sorti mes services de mon MacBook

Illustration de la série homelab : article 1, pourquoi un homelab ? Un MacBook surchargé de conteneurs, avec une jauge de mémoire presque pleine

En novembre 2026, mon MacBook Pro M3 Max (128 Go de RAM, 1 To de SSD) a atteint ses limites, ce que je pensais impossible vu le monstre que j'avais prévu. La mémoire utilisée montait régulièrement à 80-90 Go (96 Go au moment où j'écris, dont 32 Go compressés). Quant au 1 To du SSD, pas mieux. L'avènement de l'IA a eu raison de mon espace disque avec moins de 100 Go disponnibles, que je passais mon temps à libérer. Claude, Cursor, Docker Desktop, Ollama et une dizaine de conteneurs se partageaient la machine en permanence.

Le problème n'était pas l'outil : un MacBook est fait pour développer, pas pour faire tourner des services 24 h/24. J'ai donc décidé de sortir tout ce qui peut l'être vers un homelab : des machines dédiées, chez moi, que je pilote depuis le Mac.

Moniteur d'activité de macOS : mémoire physique 128 Go, mémoire utilisée 95,95 Go dont 32,41 Go compressés, fichier d'échange 1,86 Go.
Pression sur la mémoire de mon MacBook Pro, novembre 2026 : 96 Go utilisés sur 128 Go, dont 32 Go compressés.

Cet article ouvre une série où je raconte la mise en place, étape par étape, avec les choix faits et ceux écartés.

Qu'est-ce qu'un homelab ?

Un homelab est un petit environnement informatique monté chez soi pour héberger ses propres services et expérimenter : un ou plusieurs serveurs, un réseau, des machines virtuelles. Le mien reste volontairement sobre : deux mini PC silencieux dans le salon, pilotés depuis mon Mac. En général, on commence à se faire un homelab en recyclant un vieux pc, et de fil en aiguille, on expérimente.

Ce qui saturait mon MacBook

Un simple docker stats montre le problème : des services qui n'ont rien à faire sur un poste de travail tournaient en continu, démarrés avec la session.

ServiceRôleRAM au repos
n8n + Postgres + runnersAutomatisations qui doivent tourner jour et nuit≈ 1 Gio
Pipelines PythonPipeline Python + Chromium lancé par n8n, veilles d'actualité, etc.≈ 2,36 Gio
PentAGIAgents de pentest IA, avec un conteneur Kali Linux≈ 2,5 Gio

À cela s'ajoutent une dizaine de projets Laravel qui tournent avec Herd, autant de "vieux" projets sous WordPress avec Local WP, avec des versions de PHP et de MySQL qui diffèrent selon les projets, et des sites WordPress. Et bien sûr Claude Code et Codex, qui font tourner tests et builds pendant que je travaille. Et aussi des services "additionnels" aux instances Laravel qui tournenet sur des machiens différentes ... et qu'il faut bien testé localement (Une app en GO, TEnsorFlow, Essentia, etc...). Quelques outils IA qui tournent, un soupçon d'Ollama et bam ... RAM mangée.

Résultat : Docker Desktop réserve sa propre machine virtuelle, les volumes s'accumulent, et tout ce petit monde se dispute la RAM avec mes outils de développement.

Ce que j'attends d'un homelab

Avant de regarder le moindre matériel, j'ai posé mes contraintes. Elles ont guidé tous les choix suivants.

  • Le silence d'abord : je télétravaille dans mon salon. Pas de serveur rack, pas de ventilateur qui siffle, des machines discrètes.
  • Tout piloter depuis le Mac : Claude Code tourne sur le homelab, mes sites de dev s'ouvrent depuis le navigateur du Mac, et la supervision aussi.
  • La sécurité : des outils de Pentest cohabitent avec mes projets: il est important que ces services restent bien isolés des autres. Et rien ne doit être exposé sur internet sans protection.
  • Des services 24 h/24 : n8n et CI/CD, serveur monitoring et alerte ne doivent pas s'arrêter quand je ferme le Mac.
  • Évoluer avec le temps : Le réseau UniFi à venir, des sauvegardes redondantes locales et Cloud, et plus tard une machine dédiée à l'IA locale, séparée du reste.

Architecture de départ de mon homelab : deux mini PC, deux rôles

Plutôt qu'une grosse machine, j'ai décidé de partir sur deux petites, chacune avec un rôle clair. La première, sans ventilateur, reste allumée en permanence et héberge ce qui doit toujours répondre et restera always on. Cette machine n'a pas vocation à être éteinte. La seconde, plus puissante, accueille le développement et le pentest, et peut être éteinte sans risquer de casser le moindre pipeline.

Schéma du homelab : un MacBook relié à une machine 1 sans ventilateur, qui héberge n8n, Pipeline Python et la supervision, et à une machine 2 avec une VM de développement et une VM de pentest isolée
Architecture du homelab : 2 machines, 3 machines virtuelles

Les deux machines tournent sous Proxmox, qui découpe chaque machine en machines virtuelles. Les outils de pentest vivent dans leur propre VM, sur un réseau séparé : s'il se passe quelque chose, mes projets ne sont pas touchés.

J'ai volontairement écarté le cluster Proxmox à deux nœuds : avec deux machines seulement, la panne de l'une fait perdre le quorum (la majorité dont le cluster a besoin pour décider). Les machines virtuelles déjà lancées continuent de tourner, mais on ne peut plus rien démarrer ni modifier sans un troisième arbitre. Deux machines indépendantes, pilotées depuis une même interface, sont plus simples et largement suffisantes ici.

Le matériel choisi : MeLE Quieter4C et GMKtec M5 Ultra

Voici les deux machines commandées le 4 novembre 2026. Je les ai choisies avant tout pour le silence, et je ne les ai pas encore reçues : les mesures de bruit viendront dans l'article 2.

Machine 1Machine 2
RôleSocle, toujours alluméeDéveloppement et pentest
ModèleMeLE Quieter4C (sans ventilateur)GMKtec M5 Ultra
ProcesseurIntel N150, 4 cœursAMD Ryzen 7 7730U, 8 cœurs / 16 threads
Mémoire32 Go (probablement soudée)64 Go DDR4-3200 SO-DIMM (2 × 32 Go), à la place des 2 × 8 Go d'origine
StockageSSD NVMe 512 Go, remplaçableSSD 1 To, un second emplacement M.2 libre
Réseau1 × 1 GbE2 × 2,5 GbE

Pourquoi de la DDR4 ? En pleine pénurie de mémoire, la DDR4 SO-DIMM coûtait environ deux fois moins cher que la DDR5 au 3 novembre 2026. Je détaille ce choix dans l'article 2.

Prix à l'achat : 639,99 € pour la machine 1 ; 528,96 € pour la machine 2, plus 488,99 € pour les 64 Go de RAM. Je n'ai trouvé aucune mesure de bruit indépendante du M5 Ultra : je ferai la mienne à la réception.

Mon premier choix pour la machine 1 n'était plus disponible

J'avais retenu pour la machine 1 un GEEKOM iX12 sans ventilateur, avec 16 Go de RAM affiché à ce moment à 399 euros. Au moment de passer commande, rupture de stock ! Le MeLE Quieter4C, lui aussi sans ventilateur, coûte 639,99 € et offre deux fois plus de mémoire : 32 Go au lieu de 16. Malheureusement, il est aussi plus cher. C'est toujours rageant de se rabattre sur son deuxième choix, avec une augmentation d'environ 240 euros en prime sur le budget initial.

Pourquoi pas un Mac mini ?

Venant de macOS, le Mac mini était pour moi la piste évidente, mon premier choix avant même d'avoir étudié d'éventuelles alternatives : compact, élégant et discret, il avait tout pour plaire et cochait toutes les cases. Je l'ai abandonné très rapidement à cause de son tarif exorbitant. Un Mac mini M5 Pro (CPU 15 cœurs, GPU 16 cœurs) avec 64 Go de mémoire, 1 To de SSD et l'Ethernet 10 Gb coûtait 3 539 € le 6 novembre 2026. Mes deux machines, avec leurs 32 et 64 Go de RAM sur la machine 2, me reviennent à 1 657,94 € : le Mac mini seul coûte plus de deux fois plus cher. Je n'exclus pas à l'avenir d'en ajouter un. Je ne voulais juste pas prendre ce pari financier dès le départ.

J'en profite pour optimiser mon espace de travail

Mon MacBook manquait de ports dipsonnibles et de puissance sur ses USB-C. Il n'était pas rare qu'un périphérique finisse par se couper et être éjecté. Le dock CalDigit TS5 Plus (599,99 €) règle ça avec sa propre alimentation, accueille mes deux écrans avec un seul câble vers le Mac. Quelques supports par ci par là, ce qui me permet de ranger le MacBook et le dock sous le bureau. Ras le bol de ces câbles et "blocs" qui courent sur le bureau. C'est bien plus "WAF" (Wife Acceptance Factor).

La suite de la série homelab

Le matériel est commandé. Les prochains articles suivront l'installation, au fil de l'eau (titres provisoires) :

  1. Mini PC fanless ou ventilé : choisir ses machines quand le silence passe avant tout
  2. Onduleur, NUT et réseau 10 GbE : alimenter et brancher son homelab
  3. Deux Proxmox sans cluster, pilotés avec Proxmox Datacenter Manager
  4. Tailscale et Cloudflare Tunnel : accéder à son homelab sans ouvrir de port
  5. Homepage et Komodo : un tableau de bord pour tout son homelab
  6. Grafana Alloy : superviser son homelab
  7. Migrer n8n auto-hébergé et un pipeline Python/Playwright du Mac vers un homelab
  8. Un labo de pentest isolé pour agents IA
  9. Le bilan : coût, consommation, bruit réel, et ce que je referais

Retrouvez tous les articles sur la page Mon homelab de développeur : la série. Si vous avez monté un homelab, souhaitez me donner quelques conseils (je suis preneur), les commentaires sont ouverts.

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